Salviac - Montcabrier

Aujourd’hui le chemin s’organise pour filer vers le sud en traversant toujours le pays bourian. Nous quittons Salviac pour trouver, au-delà de la forêt de chênes chétifs, Cazals, une autre bastide du xiie siècle, aux pierres ocres comme la terre. Frayssinet-le-Gelat, pointé par la flèche de son église et curieux par ses ruelles aux passages couverts, sera la halte parfaite de la demi-journée. Ensuite, c’est un long parcours loin des villages et des grandes routes pour ne suivre que sentiers et chemins avec peu de points marquants. Seule la nature est constante où le pèlerin glisse son pas régulier. Tête dans les étoiles et regard vers l’avant, chaque pas emplit la journée de ses propres découvertes, même simples et modestes. Attention au manque d’hébergement à Montcabrier, les chambres d’hôtes sont hors GR et bien avant le village. Il vaut mieux le prévoir pour éviter de rallonger le parcours.

CAZALS, BASTIDE PERCHEE DU ROI D'ANGLETERRE

Dominant de sa terrasse la vallée de la Masse, Cazals fut d'abord (au xiie siècle) un château perché dont subsistent des ruines. Puis en 1319, le sénéchal du Quercy, Guillaume de Toulouse, fit construire et peupler pour son souverain, le roi d'Angleterre, une bastide. Il en reste la grande place carrée caractéristique de ce type d'urbanisme, des fragments de remparts et des demeures anciennes. Parmi celles-ci la maison natale de Hugues Salet (1504-1553), poète du temps de la Pléiade, maître d'hôtel de Henri II.

Dans l'église, tableaux du xviiie (vie de Marie) et Vierge à l'Enfant du xve.

 

CHEMIN FAISANT PAR MONCLÉRA ET FRAYSSINET

Sur la variante, Moncléra, laissé à gauche par l'itinéraire principal, a un château fort des xive et xve siècles avec porte fortifiée, donjon carré et trois tours à mâchicoulis (il mérite les 800 m de détour, si vos jambes et votre agenda le permettent).

Le chemin longe en revanche l'église du vert village de Frayssinet-le-Gélat : elle a une abside romane et des fonts baptismaux du xviiie en étain. Un monument commémore le martyre de quinze habitants massacrés le 21 mai 1944 par la division SS Das Reich.

 

MONTCABRIER, BASTIDE PERCHÉE DU ROI DE FRANCE

Après Cazals, voici une autre bastide perchée, mais édifiée celle-ci dès 1297 pour le roi de France par un précédent sénéchal du Quercy, Guy de Caprari. Il lui donna son nom (mot à mot Lou Caprari est un chevrier, et Montcabrier le mont du chevrier). Là encore, place centrale caractéristique bordée de vieilles maisons dont une noble, à tourelles. L'église, reconstruite au siècle suivant, a un portail flamboyant. À l'intérieur, restes de fresques du xve, statue de Saint-Louis et retable baroque. Sur le coteau d'en face, par-delà le cours de la Thèze, une troisième bastide, Pestillac, fut la rivale constante de Montcabrier.